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Les projections font état d’un besoin de 500 à 700 hectares à l’horizon 2020. Le problème, c’est que l’aménagement du foncier coûte cher.

Les besoins en foncier économique sont de 30 à 50 hectares par an à La Réunion.
Mais il n’y a que 5 hectares de zones d’activité disponibles immédiatement
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En 2007, trois nouvelles zones d’activité ont été livrées pour un total de 12,7 hectares avec la Commune Buègue (4 ha) à Sainte-Suzanne, la ZAC OI (8 ha) et Fredeline (0 ,7 ha) à Saint-Pierre. Mais ces zones d’activité sont de petite taille, elles sont donc commercialisées très rapidement et les listes d’attente s’allongent. En trois ans, ce sont 62 hectares qui ont été offerts, ce qui a porté la surface des zones d’activité à 832 hectares fin 2007.

Cette progression de 2,6% l’an est largement inférieure à la croissance de l’emploi (4,4%) ou de l’activité économique (5%). « Il aurait fallu 106 hectares supplémentaire juste pour accompagner la croissance », constate Gilles Poupard, chargé d’étude en économie et aménagement du territoire à l’Agorah (Agence pour l’observation de La Réunion, l’aménagement et l’habitat).

Les projections font état d’un besoin de 500 à 700 hectares à l’horizon 2020. Le problème, c’est que l’aménagement du foncier coûte cher. Selon une comparaison menée par l’Agorah avec les communes d’Angers, du Havre, de Clermont Ferrant et d’Orléans, le coût d’aménagement (hors foncier) est beaucoup plus cher à la Réunion : de 45 à 65 euros le m2 contre 25 à 45 euros en Métropole. Résultat : les prix de commercialisation réunionnais vont de 80 à 150 euros le m2 contre 30 à 35 euros maximum dans l’Hexagone et même 18 euros pour l’artisanat. On comprend alors que nombre de projets lancés n’aboutissent pas toujours.

Sur les 27 projets recensés en septembre 2005, seuls 15 ont été réalisés. Des retards ont affecté 10 projets et 2 projets ont été purement et simplement suspendus ou abandonnés. « Ce décalage montre l’urgence d’entamer la réalisation de nouveaux projets », commente l’Agorah. On peut donc d’ores et déjà s’interroger sur les nouvelles perspectives qui font état de 300 hectares supplémentaires à l’horizon 2015. Surtout quand on sait que certains projets, comme la technopole Duparc-Rivière des Pluies, ne sont pas compatibles avec le Schéma d’aménagement régional (SAR).

Pourtant, le foncier en lui-même ne manque pas. Il existe dans les plans locaux d’urbanisme (PLU) 470 hectares inscrits en tant que foncier économique. « On ne manque pas de foncier brut, il n’y a pas besoin de déclasser. On manque de foncier aménagé disponible. Il faut donc passer au stade de l’aménagement. Il faut surtout mettre l’accent sur l’aménagement plutôt que sur la construction de locaux », explique Gilles Poupard. Ce que les fonds européens font pourtant de moins en moins. De 2004 à 2007, 6,5 hectares sur 54 hectares de nouvelles zones d’activités ont bénéficié d’un soutien du FEDER (Fonds européen de développement régional), soit 12%.

En revanche, 78% des ateliers et usines (24 150 m2 sur 30 900) ont bénéficié des fonds européens. « Depuis 2000, le public ne finance plus l’aménagement », déplore Gilles Poupard qui réclame « une ingénierie financière qui soit à la hauteur des ambitions de l’île ». Sans cette prise de conscience, le programme « Réunion 2030-Gerri » et le projet « Réunion île verte » risquent d’avoir du plomb dans l’aile. Car, comme le remarque Philippe Jean-Pierre, le directeur de l’Agorah : « Le développement durable, ce n’est pas du logement social, c’est avant tout du développement économique. Et il faut du foncier pour suivre le dynamisme de l’activité. »

Pierrick Pédel





 

 
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